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Lot 62 - Gustave DORÉ (1832-1883) - La Pyramide humaine ou Les Acrobates, 1880 - Bronze à [...]

Estimation : 60 000 € / 80 000 €

Adjugé à 200 000 €


Résultats sans frais

Gustave DORÉ (1832-1883)
La Pyramide humaine ou Les Acrobates, 1880
Bronze à patine brune signé sur la terrasse
H. 59 cm - L. 11,5 cm - P. 10,5 cm DV
Provenance : Collection particulière Rhônalpine
Rarissime épreuve, très probablement d'essai, de cette spectaculaire sculpture


Artiste surdoué, à l'imaginaire fantastique, à l'incroyable fertilité d'invention et à la prodigieuse versatilité, Gustave Doré possédait tous les talents et excellait dans tous les champs artistiques, dessinateur hors pair dès l'âge de six ans, peintre, graveur, sculpteur, chanteur, danseur, violoniste et... acrobate !
La sculpture est le dernier grand domaine artistique qu'il aborda à partir de 1877, à travers trente-huit réalisations virtuoses, ingénieuses et brillantes
Dans son article Doré sculpteur publié dans le catalogue de l'exposition Doré, L'Imaginaire au pouvoir du Musée d'Orsay en 2014, Edouard Papet souligne "un goût affirmé pour une sculpture défiant les lois de la pesanteur" et remarque que dans ce contexte, La Pyramide humaine "pousse à l'extrême cette logique de captation du mouvement et l'équilibre précaire"
Mais au-delà de la virtuosité artistique et de la fabuleuse inventivité formelle, il est fascinant de comprendre la part intime, presque autobiographique que représente cette sculpture aux yeux de l'artiste, tant son goût et sa pratique des acrobaties étaient incontournables et indissociables de sa personne
Dans la riche et passionnante biographie qu'elle consacra à l'artiste peu après sa disparation, Blanche Roosevelt note que Gustave Doré avait une véritable passion pour la gymnastique et que "de sa cinquième et sa cinquantième année il ne renonça jamais à cet exercice favori". Plus loin, elle nous apprend qu'enfant, "il fraternisait volontiers avec les acrobates de carrefour, se mêlant à leur voltige"
Cet attrait pour la condition physique allié à une souplesse légendaire et surtout à un goût prononcé pour les facéties acrobatiques, fut un véritable sujet d'étonnement pour ses contemporains. Ainsi, son ami Paul Dalloz racontant un voyage à Biarritz en 1855 en sa compagnie et celle de Théophile Gautier, témoigne que Gustave Doré avait la "manie des tours de cirque et des voltiges d'acrobate", les tenant en émoi "par ses évolutions et contorsions". Une autre fois à Vérone, il se lança en pleine rue dans une série d'exercices acrobatiques digne d'un "clown émérite" et la foule stupéfaite et émerveillée ne manqua pas de le remercier quand "il fit le tour de la société son chapeau à la main"
De nombreux autres témoignages affirment qu'il n'était pas rare de lui voir faire le tour de son atelier en évoluant sur les mains, les pieds en l'air
On a dit de Doré qu'il fut toujours un enfant, "un gamin de génie" selon la formule de son ami Gautier, puisse cette incroyable sculpture demeurer à jamais un manifeste de liberté et de joie, aussi enfantine soit-elle !
Dans un essai de catalogue raisonné des sculptures de Gustave Doré publié dans le Bulletin de la Société d'Histoire de l'Art Français, (1991 p. 219-253), Samuel F. Clapp et Nadine Lehni inventorient trois épreuves en bronze de La Pyramide humaine dans trois dimensions différentes (129 cm, 90 cm et 58,8 cm), dispersées lors à la vente Doré de 1885 et ne recensent que deux exemplaires effectivement connus
-Une épreuve mesurant 129 cm, conservée au Ringling Museum of Art de Sarasota, en Floride aux Etats-Unis. Cet exemplaire fut présenté lors de la rétrospective Gustave Doré, L'imaginaire au pouvoir au Musée d'Orsay en 2014 (n°216 ill. p. 246)
-Un deuxième exemplaire, identique au notre par la taille, est conservé dans une collection privée londonienne. Ancienne collection Fairless (Doré Gallery): G.L. Beeforth; G.E. Beeforth-Lord, Brighton; vente Hove, 1972; acquis en 1978
Celui-ci fut montré lors des expositions de Londres 1983, (n° 79 ill.) et Strasbourg 1983, (n° 150 ill.)
Depuis le recensement de S.F. Clapp et N. Lehni, un troisième exemplaire, mesurant 129 cm de hauteur et présenté sur un piédestal de marbre, a été vendu à Londres par la maison Christie's, le 29 octobre 1988
En outre il s'avère qu'un exemplaire mesurant 88,5 cm appartient aux collections du Musée National du Sport, qui l'acquis par donation en 1970
Notre exemplaire semble donc être la cinquième épreuve connue.
Nous remercions vivement Nadège Horner, responsable du service de Documentation des sculptures du Musée d'Orsay et Claire Vasdeboncoeur, responsable des expositions du Musée National du Sport de Nice, pour les précieuses informations qu'elle nous ont communiquées
Expert : Damien Voutay (04 78 92 86 21)

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes